Serge Fortin : d’un cours de math à un 3ème album

Serge Fortin : d’un cours de math à un 3ème album

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Serge Fortin, Bob Champoux, Francois Therrien.

J’ai connu Serge Fortin il y a une quinzaine d’années. Pas le chanteur, le prof! Serge était alors suppléant dans mon cours de mathématiques. Pour un élève du secondaire, un cours avec prof remplaçant c’est comme avoir 5 numéros sur 6 à la loto. 6/6 étant une journée d’école annulée en raison de la neige! Serge était donc d’office dans mon cours de math. Un air zen, ne sachant trop dans quoi il s’aventurait (j’étais dans une classe de tannants… mais pas moi!), la confiance de transmettre le savoir à cette classe de futurs grands mathématiciens! Serge a remplacé plusieurs classes par la suite. Lorsqu’on apprenait, à la pause, qu’on avait Serge comme suppléant, on savait que ça allait être un cours différent. Il avait une façon d’expliquer les choses qu’on enseigne probablement pas à l’université! Aujourd’hui, quand j’écoute ses chansons, je revois mon prof qui m’explique qu’on ne peut pas faire la traversée du Lac St-Jean avant d’avoir appris à nager. Oui, c’était dans un cours de mathématiques!

J’ai rencontré l’auteur-compositeur-interprète à quelques minutes de son lancement Abitibien. Je ne sais pas trop comment on s’est rendu là mais en quelques minutes on jasait des Simpsons s’imaginant prêter nos voix aux personnages. Ça fait très sérieux comme entrevue! Puis, avec ses musiciens, on a commencé à jaser des performances des athlètes canadiens lors des derniers jeux olympiques. Il a suivi plusieurs disciplines et à même eu la larme à l’œil en voyant certains de nos athlètes sur le podium. Fortin a suivi les matchs de hockey. C’est son sport. Plusieurs des chansons de son albums sont nées après une partie de hockey. Après quelques bières, lui et Alain Dessureault s’installaient et laissaient l’inspiration couler librement. Dessureault alignait facilement les mots, retournait sa feuille et ce n’est qu’une fois qu’il avait quitté que Fortin pouvait découvrir ce que le poète lui avait pondu. Pas avant. Serge ne s’en cache pas, il a écrit la musique d’un seul trait. « Ça dure 3 minutes et demie et c’est le temps que ça m’a pris pour composer la musique. Ça collait parfaitement à ce que j’avais en tête. »

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Devant une centaine de personnes réunies à la salle Felix Leclerc, Serge a présenté quelques chanson de son nouvel album prenant le temps d’expliquer le pourquoi de chaque chanson. L’amour est le printemps de la guerre, Zipper mon sleeping bag (on aime ça hein!), La chaîne dans ton dérailleur sont autant de titres qu’on retrouve sur Gaspille une nuit. Il a aussi repris une chanson du chanteur français Renaud (La pêche à la ligne) qui devrait être lancée en Europe ces jours-ci. Diane Tell, sa complice des 4 dernières années participe aussi à la chanson Histoire de novembre. Un album dédié à Hauris Lalancette, cultivateur de chez-nous au franc parler qui « avait tout compris bien avant notre temps » raconte Serge.

Le 3ème album de Serge Fortin, Gaspille une nuit, c’est sa réponse au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il ne cri pas fort mais il s’exprime. Après Pas plus poète qu’un fusil (2002) et M’accrocher à la table (2010), on sent qu’il a changé, qu’il a mûrit et qu’il est parfaitement à l’aise. Après tout, on ne fait pas la traversée du Lac St-Jean avant d’avoir appris à nager.

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