Orphelins : comme un coup de poing au ventre

Orphelins : comme un coup de poing au ventre

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J’avoue, j’étais vendue d’avance. Je savais que j’allais aimer la pièce Orphelins présentée à l’Agora des Arts. Je le savais pour plein de raisons. D’abord, je suis une grande admiratrice du travail de Maxime Dénommée, un super comédien et un excellent metteur en scène. Deuxièmement, j’ai vu récemment le film Littoral de Wajdi Mouawad qui met en vedette Steve Laplante. Je savais donc que le jeu sur scène de ce comédien ne me décevrait pas. Finalement, je suis toujours agréablement surprise par les pièces montées au Théâtre la Licorne à Montréal. Ça faisait donc plusieurs semaines que j’attendais patiemment la venue d’Orphelins en Abitibi.

Orphelins est une pièce de Dennis Kelly traduite par l’amossoise Fannie Britt. Il s’agit d’un suspense finement écrit par Kelly. La prémisse est simple : un couple se prépare un souper romantique à la maison. 30 secondes après le levé du rideau, le frère de la femme débarque, couvert de sang. Il tentera tout au long de la pièce de raconter d’où vient le sang. Disons que ses explications ne seront pas simples…

orphelins

Alors qu’on croyait au départ que le frère avait voulu porter secours à une victime d’une gang de rue, on découvre qu’il est en fait l’agresseur. Et que la victime est prise en otage. Un débat moral et violent débute entre le mari et sa femme. Faut-il prévenir la police? Faut-il camoufler les évidences? Faut-il aider la victime ou l’éliminer? Faut-il absolument protéger un membre de sa famille au prix de sa propre liberté? Comme si ce n’était pas assez, on apprend que la victime est arabe et que ce sont probablement ses origines qui sont la raison de son cauchemar. En cette période de débat sur la Charte des valeurs québécoises, la pièce ne pourrait pas trouver meilleur écho!

À 1000 reprises durant la représentation, on pense avoir compris ce qui s’est produit et on croit savoir ce qu’il faut faire pour corriger la situation.  Mais l’auteur ne nous laisse pas une seconde pour réfléchir et il nous lance au visage un autre détail qui change complètement la donne. Le spectateur n’a aucun répit. On est presqu’aussi essoufflé que les acteurs qui se «garrochent» des répliques parfois douces mais souvent acides en pleine face. Steve Laplante, Evelyne Rompré et Étienne Pilon nous entraînent dans leur délire et sont en parfaite symbiose sur scène. Leur jeu est touchant et criant de vérité. Je les aurais tous pris dans mes bras à un moment ou un autre de la pièce!

Ça faisait longtemps qu’une pièce de théâtre ne m’avait pas autant remué et «rentré dedans». J’ai déjà hâte à la prochaine pièce programmée à l’Agora des Arts. J’espère me faire encore brasser et étonner.  🙂

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