Ingrid St-Pierre et sa « comfort music »

Ingrid St-Pierre et sa « comfort music »

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Ingrid St-Pierre 1

Si on catégorise certains plats comme du « comfort food » (cuisine réconfortante), la musique d’Ingrid St-Pierre pourrait s’inscrire dans la catégorie « comfort musique ». La timidité de la chanteuse se glisse à travers les mailles de ses chansons tricotées à partir d’anecdotes, souvent « peine d’amoureuses », les imprégnant d’une séduisante naïveté adolescente. Il y coule parfois une douce nostalgie, parfois un soupçon de mélancolie, comme une journée froide d’automne ou une journée pluvieuse de printemps.

Lors de son dernier passage à Val-d’Or, à l’automne 2012, c’est à la Salle Félix-Leclerc que l’auteure-compositrice-interprète avait déposé son piano et le quatuor à cordes féminin qui l’accompagnait. Preuve irréfutable de sa popularité grandissante, cette fois-ci, le spectacle était présenté au Théâtre Télébec, dont la capacité est plus grande, bien entendu. Est-ce que l’intimité de la Salle Félix-Leclerc allait manquer aux chansons de la blonde chanteuse? C’était ma plus grande crainte.

Ingrid St-Pierre2

Personnellement, je juge souvent la qualité d’un spectacle par sa capacité à stopper l’écoulement des minutes. Si on ne voit pas le temps passer, le spectacle a réussi ce à quoi il sert principalement au départ : nous divertir. Eh bien, Ingrid St-Pierre aura relevé une fois de plus ce défi, parce qu’entre le début du spectacle et l’entracte, il s’est écoulé presqu’une heure sans que je ne vois ce temps passer, trop captivé par les chansons, les émotions, les ambiances qui se succédaient sur scène, devant mes yeux. Ce fut la même chose au cours de la deuxième partie du spectacle. Au total, le spectacle aura duré un peu plus de 90 minutes, meublé d’un habile mélange de pièces tirées des deux albums qu’elle a à son actif.

En plus de ses chansons, Ingrid St-Pierre offre deux interprétations. « 10 ans », chanson de Charlebois écrite par Réjean Ducharme, qui fut pour plusieurs une découverte, puisqu’à l’évidence, ce n’est pas un des plus grands succès en carrière de Charlebois. L’interprétation qu’en fait la chanteuse rend intéressante cette chanson qui jusque-là était passée sous le radar pour un grand nombre de spectateurs. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié « No surprises », interprétée pour conclure la première portion du spectacle. Cette chanson, popularisée par Radiohead, tirée de l’album de 1998 « Ok computer », cadre parfaitement avec le style intime, nostalgique et un peu mélancolique qui émane de l’œuvre d’Ingrid St-Pierre. Elle en a fait une magnifique interprétation.

En guise de transition entre les chansons, Mlle St-Pierre ouvre la porte sur son monde, soulignant au passage qu’enfant, elle était amoureuse de Richard Desjardins et qu’elle rêvait de visiter Val-d’Or, pour suivre l’exemple de son idole « sauter dans son char et descendre à Val-d’Or ». Une telle anecdote, lancée après la deuxième chanson du spectacle a assuré de tisser une proximité avec le public, faisant tomber ma crainte au sujet de l’intimité.

En résumé, lorsqu’Ingrid St-Pierre passera à nouveau en ville, ne me cherchez pas : je serai quelque part dans la salle où elle se produira en spectacle!

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