Enthousiasme, confiance, angoisse, exaltation et fierté

Enthousiasme, confiance, angoisse, exaltation et fierté

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Ces cinq mots résument très bien la journée du 13 mai, au cours de laquelle nos Foreurs devaient affronter le destin d’un 7e match en finale de la Coupe du Président. Match à disputer sur une patinoire adverse, dans un des amphithéâtres les plus bruyants de toute la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il va sans dire que rien n’était gagné d’avance. Les statistiques ne jouaient pas en faveur des Foreurs et les médias se faisaient un malin plaisir à nous le rappeler…

11h : j’apprends que j’obtiens une place dans l’avion des supporteurs! J’exulte! La réjouissance est à son comble! Après avoir eu l’honneur d’entonner l’hymne national au 6e match, à Val-d’Or, dimanche dernier, je ne pensais jamais vivre d’émotions encore plus intenses. Interpréter le Ô Canada devant un Centre Air Creebec bondé et des milliers de téléspectateurs à travers le pays, avant de voir nos Foreurs arraché ce 6e match au Drakkar et provoquer la tenue d’un 7e match, c’était imbattable comme feeling dans ma tête. Eh bien, je me trompais!

Les choses sont allées très rapidement après avoir appris que je pouvais partir pour Baie Comeau. Arrangement avec le travail, préparatifs rapides, dîner en vitesse, direction Aéroport régional de Val-d’Or pour l’embarquement prévu pour 14h30. Déjà à l’aéroport, l’enthousiasme et la confiance sont au rendez-vous. Si quelqu’un parmi nous a des doutes quant au fait que les Foreurs remporteront le match, il ou elle le cache très bien et ne l’exprime pas. Nous sommes gonflés à bloc, une foi inébranlable en nos joueurs. L’intensité du moment est déjà importante et ça ne fera que s’accentuer dans les heures qui suivent.

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Photo : Andy Klink

Après un vol sans histoire, grâce aux bons soins de l’équipe de Nolinor, nous arrivons sur la Côte-Nord un peu après 16h30. Un autobus scolaire nous attend pour nous conduire à Baie Comeau, qui se situe à environ 30 minutes de route de l’aéroport qui dessert la ville. Arrivés au restaurant Les 3 Barils, d’autres fans nous attendent déjà, dont plusieurs des copropriétaires de l’équipe. Une petite bière, on passe les commandes, et pour mettre encore plus d’ambiance, l’hymne national!  Il faut dire qu’à ce moment-là, nous avons littéralement envahit le restaurant. La clientèle se composait quasi exclusivement de supporteurs du Vert et Or.

Après avoir bien mangé, on se dirige vers le Centre Henry-Leonard, domicile du Drakkar. Soit dit en passant, le Centre Air Creebec n’a rien à envier aux installations de Baie Comeau : c’est un aréna de tôle…  C’est extrêmement bruyant. Les fans du Drakkar veulent en imposer, c’est bien naturel. Le bruit est tellement intense que c’en est douloureux pour les oreilles par moments et le match n’est même pas encore débuté. On me confie un drapeau de la Ville de Val-d’Or et comble de hasard, je me retrouve assis aux côtés du maire, Pierre Corbeil, qui a fait le voyage avec nous. Isabelle Boutin, propriétaire du Balthazar est aussi à mes côtés. La soirée promet : 3 fans qui n’ont pas peur d’afficher leurs couleurs. Nous sommes entourés de fans du Drakkar, qu’à cela ne tienne, nous sommes là pour encourager nos boys!

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Photo : Andy Klink

Première période, la confiance règne. Les Foreurs sont en plein contrôle de leurs moyens. On remarque rapidement que le Drakkar joue nerveusement, tandis que les Foreurs survolent la patinoire. Dès que nous encourageons les nôtres, les gens de Baie Comeau tentent d’étouffer nos cris sous toutes sortes de bruits. C’est de bonne guerre! Les Foreurs marquent!!! Explosion de joie! Notre confiance monte d’un cran. But refusé au Drakkar, les réjouissances se poursuivent de plus belle! En fin de première période, on rêve déjà! La victoire nous semble déjà proche.

Deuxième période, les Foreurs creusent l’écart. En ajoutant deux buts à leur fiche, nos joueurs ont aussi posé une sourdine sur les fans du Drakkar : nous sommes maintenant les plus bruyants! Toutefois, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il faudra éviter de pécher par abus de confiance. Une avance de 3 buts, ça fond parfois comme neige au soleil… Mario Durocher a tout un défi devant lui : s’assurer que ses jeunes troupiers ne s’assoient pas sur leurs lauriers. La tenue d’Antoine Bibeau est une fois de plus exemplaire. Une véritable muraille étanche devant la cage valdorienne. Il nous a gardés dans le match, ça ne fait aucun doute.

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Photo : Andy Klink

Troisième période, plus que 20 minutes et elle sera à nous, la fameuse Coupe du Président!  Baie Comeau vole son blanchissage à Bibeau… Bah! Pas grave! On a encore deux buts d’avance! GO FOREURS GO! Oups… Un deuxième filet pour le Drakkar… O.k., faut faire attention, on ne lâche pas les boys! OUCH! Troisième… ANGOISSE!!! Là, les fans de Baie Comeau rient dans leur barbe… Oui, nous avons été exubérants par moment… Oui, notre confiance de partisans convaincus subit soudainement un test dur et difficile… Est-ce qu’ils vont s’enfuir comme ça avec la victoire? Est-ce que nos gars auront fait tout ce parcours pour que ça s’effondre comme ça, en seulement 15 minutes? NON! IL NE FAUT PAS! NOUS SOMMES VENUS AVEC BAIE COMEAU AVEC LA FERME INTENTION DE NE PAS EN REPARTIR SANS LA COUPE et je crois pouvoir affirmer que notre niveau de motivation n’avait absolument rien à voir avec la motivation et la rage au cœur qu’ont démontré les Foreurs tout au long du match et des séries. En embarquant sur la glace au début du match, il était évident qu’ils étaient en mission.

Les doigts sont croisés, nous espérons tous que les Foreurs réussiront à éviter la prolongation. Finalement, Anthony Mantha, qui se débattait comme un diable dans l’eau bénite depuis le tout début de la rencontre pour réussir à marquer dans ce match ultime, s’empare de la rondelle, décoche un tir puissant et fait vibrer les cordages AVEC ENVIRON 50 SECONDES À FAIRE!!!  Plusieurs d’entre nous auront la voix éteinte demain matin! Ça crie, ça chante, ça célèbre dans la section où nous sommes concentrés.  Moins d’une minute à écouler… On craint un revers du sort… On espère de tout notre cœur que la marque ne changera plus…

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1!!! OH YEAH!!! LES FOREURS REMPORTENT LEUR 3E COUPE DU PRÉSIDENT!!!  Contre toute attente, déjouant tous les pronostics, faisant ravaler leurs paroles et leurs écrits à plusieurs journalistes et pseudo-spécialistes qui n’avaient aucune foi face aux chances des Foreurs de se rendre jusqu’au bout et de décrocher l’honneur ultime, cette équipe de joueurs talentueux et bien soudés couronne de belle façon cette saison 2013-2014 qui a été enlevante.

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Photo : Andy Klink

Bibeau reçoit le trophée Guy Lafleur, remis au joueur le plus utile. Gilles Courteau s’avance, sous les huées nourries de la foule, pour venir présenter la Coupe au Capitaine Henley, fier Valdorien qui remplit sa promesse de ramener à Coupe à Val-d’Or. Le précieux trophée passe de mains en mains, l’exaltation est à son comble. On crie, on chante, on festoie. Les réjouissances sont à leur paroxysme, du moins, le croit-on… Parce qu’à ce moment-là, nous ne faisons qu’avoir un vague doute de ce qui nous attend à notre retour à Val-d’Or… Nous allons rejoindre les joueurs sur la patinoire. Suit la prise de photos et l’occasion de féliciter de vive voix nos joueurs pour leur victoire. C’est hallucinant, on croit rêver! ENFIN!!!

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Photo : Andy Klink

Des bribes d’informations nous parviennent grâce aux réseaux sociaux, mais rien pour vraiment pouvoir mesurer l’ampleur des célébrations qui se déroulent à Val-d’Or.  Vol de retour encore une fois sans histoire. Nous débarquons de l’avion vers 1h45 du matin et là, LÀ, c’est le choc! L’AÉROPORT EST PLEIN À CRAQUER! À travers les grandes baies vitrées, on voit cette mer de monde qui attend. En entrant, c’est comme une vague qui nous frappe en pleine face. On est accueillis comme des héros, mais pourtant, nous ne sommes que des partisans comme tous les autres qui sont attroupés là. Les high fives, les accolades, on se congratule, on célèbre, LA FIERTÉ EST À SON COMBLE!!!

L’attente de l’arrivée de l’avion des joueurs est longue, mais, Val-d’Or a le cœur à la fête et ça paraît. Lorsque les joueurs font finalement leur entrée, menés par Samuel Henley qui porte la Coupe à bout de bras, c’est le summum de la fierté. Rien au monde ne pourrait faire en sorte que chacune des personnes présentes ne détourne son attention. C’est captivant. Il faut voir les yeux des partisans : on y lit la fierté, bien sûr, mais aussi, on voit les méninges faire fonctionner leurs rouages pour accumuler et mémoriser le plus d’informations possible, de façon à imprimer à l’encre indélébile tous ces souvenirs à emmagasiner.

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Photo : Andy Klink

La Coupe se retrouve à l’extérieur de l’aéroport. Les flashs fusent de partout. Les joueurs profitent d’un bain de foule bien mérité et des séances photos s’improvisent partout. Il est plus de 3h du matin, mais on dirait que personne ne ressent la fatigue. Cette nuit, c’est le triomphe qui compte. Il faut le célébrer comme il se doit, et comme disait Bon Jovi : I’ll sleep when I’m dead!

Je suis un fan de hockey depuis 1992-1993… J’avais 12 ans quand le Canadien a remporté sa dernière Coupe Stanley. Ça fait déjà 21 ans… Pourtant, pendant toute la journée d’hier, j’ai eu l’impression d’avoir reconnecté avec le ti-cul de 12 ans que j’étais. Natif de Val-d’Or, je suis naturellement un fan des Foreurs depuis que l’équipe existe. En ’98, 2001 et 2007, je n’étais pas à Val-d’Or. J’ai donc suivi ces grands moments à distance, un peu déconnecté de tout ce qui se passait. Cette année, j’ai embarqué dès le début des séries. Le fait d’avoir eu le privilège de chanter l’hymne national à quelque reprise, c’est sûr que j’en suis fier. Mais, je n’ai rien à voir avec cette grande victoire. Pourtant, au moment où Samuel Henley m’a permis de soulever la Coupe, un peu après 3h du matin, j’étais plus qu’heureux. Pour un bref instant, c’était aussi, un peu, MA coupe. 13 mai 2014, tu resteras à jamais marqué dans ma mémoire. Nous avons vécu une page d’histoire!  GO FOREURS GO!

Photo : Michel Ducas
Photo : Michel Ducas

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